Audit de surveillance Qualiopi : ce que l'auditeur vérifie vraiment
Calendrier, indicateurs revus, preuves demandées, référentiel révisé au 1er novembre 2026 : ce que vérifie l'auditeur en surveillance Qualiopi.

L'audit de surveillance Qualiopi vérifie que ce que vous aviez décrit lors de l'audit initial fonctionne pour de bon, dans vos dossiers réels. Il a lieu entre le 14e et le 22e mois qui suivent l'audit initial, en principe à distance, et porte sur un échantillon d'actions que l'auditeur choisit lui-même. Ce qui compte, ce sont vos traces de mise en œuvre, beaucoup plus que vos procédures.
En bref
- Fenêtre : du 14e au 22e mois après l'audit initial, selon les fiches pratiques 2026 de Centre Inffo.
- Format : à distance par principe, sur site si vous le demandez ; durée majorée d'une demi-journée depuis 2023.
- Cible : les écarts relevés à l'audit initial, les indicateurs « nouveaux entrants », l'amélioration continue (indicateur 32) et votre activité depuis la certification.
- Attention : tout audit réalisé à partir du 1er novembre 2026 se fait sur le référentiel modifié par le décret n° 2026-728 du 1er août 2026.
Quand a lieu l'audit de surveillance Qualiopi ?
La certification Qualiopi vaut en principe trois ans à compter de l'audit initial favorable, comme le rappelle la page de la DREETS PACA sur la certification qualité Qualiopi, mise à jour en mai 2026. Entre l'audit initial et l'audit de renouvellement, un audit intermédiaire conditionne le maintien du certificat : c'est l'audit de surveillance.
Les fiches pratiques du droit de la formation de Centre Inffo, édition 2026, le situent entre 14 et 22 mois après l'audit initial. Un audit initial en mars 2025 ouvre ainsi une fenêtre de mai 2026 à janvier 2027.
Le piège classique est d'attendre la relance du certificateur. Certains certificateurs invitent leurs clients à déposer la demande d'audit de surveillance sur leur espace en ligne dès le 8e mois de certification, précisément pour éviter un créneau trop tardif. Si l'audit glisse au-delà de la fenêtre, c'est votre certificat qui est en jeu, pas celui de l'auditeur. Relisez aussi votre contrat de certification : il précise ce que couvre la redevance annuelle.
Qu'est-ce qui distingue cet audit de l'audit initial ?
À l'audit initial, l'auditeur évalue surtout votre organisation : vos processus sont-ils formalisés, vos modèles existent-ils, votre information au public est-elle complète ? À l'audit de surveillance, la question change. Il veut voir ces processus tourner sur des actions réelles réalisées depuis la certification.
Le guide de lecture du référentiel national qualité le dit clairement pour les organismes qualifiés de « nouveaux entrants », c'est-à-dire ceux qui étaient dans leur première année d'activité ou qui ouvraient une nouvelle catégorie d'actions. Pour onze indicateurs (2, 3, 11, 13, 14, 19, 22, 24, 25, 26 et 32), l'audit initial n'a vérifié que la formalisation du processus. La mise en œuvre effective est contrôlée à l'audit de surveillance. Si vous étiez dans ce cas, ces indicateurs seront examinés pour la première fois « en conditions réelles ».
L'arrêté du 31 mai 2023, analysé par Centre Inffo, a durci les règles à partir du 1er septembre 2023 :
- la durée de l'audit de surveillance est majorée d'une demi-journée pour vérifier la mise en œuvre effective des indicateurs ;
- le certificateur collecte en amont vos données actualisées, votre dernier bilan pédagogique et financier (BPF) et une description de votre activité depuis la certification ;
- un plan d'audit vous est communiqué (périmètre, personnes entendues, indicateurs concernés) ;
- l'audit se tient à distance par principe, sur site si vous le demandez ;
- les nouveaux entrants voient tous les indicateurs applicables revus, ce qui surprend souvent les jeunes organismes.
Quels indicateurs l'auditeur regarde-t-il en priorité ?
Le référentiel compte 32 indicateurs (7 critères) jusqu'au 31 octobre 2026, 33 ensuite. L'auditeur ne les traite pas tous avec la même intensité. D'après les sources consultées et le guide de lecture, quatre zones concentrent l'attention.
Les écarts de l'audit initial
Une non-conformité mineure relevée à l'audit initial, ou une simple observation, sera le premier sujet ouvert. L'auditeur vérifie que l'action corrective annoncée existe et qu'elle produit des effets. Une procédure réécrite sans aucune trace d'application ne suffit pas.
L'amélioration continue (indicateur 32)
Selon Centre Inffo, l'indicateur 32 est vérifié systématiquement lors de la surveillance. L'auditeur attend un fil logique : vous recueillez les appréciations (indicateur 30), vous traitez les réclamations et les aléas (indicateur 31), puis vous décidez d'actions d'amélioration et vous les suivez. Un tableau qui liste « retours reçus, analyse, décision, date de mise en œuvre » vaut mieux qu'un discours.
L'information du public (indicateurs 1 et 2)
Votre site et vos programmes ont souvent évolué depuis l'audit initial. L'auditeur contrôle que les nouvelles formations affichent bien les items attendus et que vos indicateurs de résultats sont à jour. Centre Inffo rappelait en 2022 que l'usage du logo Qualiopi est contrôlé et qu'il doit mentionner la ou les catégories d'actions certifiées. L'arrêté de 2023 a ajouté l'affichage du certificat dans les locaux et sur le site internet, dont le non-respect constitue une non-conformité majeure. Nous détaillons ces points dans l'article sur les informations que Qualiopi attend sur votre site.
Les nouvelles actions et les changements de périmètre
Centre Inffo indique que la situation administrative et les nouvelles actions de formation sont contrôlées en priorité. Si vous avez lancé du distanciel, une formation certifiante, de la sous-traitance ou un nouveau public depuis la certification, attendez-vous à des questions précises sur ces sujets.
Comment l'auditeur choisit-il les dossiers échantillonnés ?
L'auditeur procède par échantillonnage d'actions, pour chacune des catégories certifiées. Depuis 2023, l'échantillon doit être représentatif de votre activité et ne vous est pas communiqué avant la réunion d'ouverture. Vous ne pouvez donc pas « préparer trois beaux dossiers » et espérer qu'il s'en contente.
La période d'échantillonnage commence en général à la date de l'audit initial. Tout ce que vous avez réalisé depuis peut être tiré au sort, y compris la session montée dans l'urgence au mois d'août.
Pour chaque dossier tiré, l'auditeur remonte le parcours du bénéficiaire. Le tableau ci-dessous résume ce qu'il cherche à chaque étape et les preuves qu'il s'attend à trouver.
| Étape du parcours | Question de l'auditeur | Preuves typiques | Indicateurs |
|---|---|---|---|
| Avant la vente | L'information était-elle complète avant la contractualisation ? | Page programme datée, proposition commerciale, CGV | 1, 2, 3 |
| Analyse du besoin | Le besoin a-t-il été analysé avec l'entreprise ou le financeur ? | Questionnaire, compte rendu d'entretien, mail daté | 4, 5 |
| Entrée en formation | Le positionnement a-t-il été réalisé et exploité ? | Test de positionnement corrigé, adaptation notée | 8, 10 |
| Déroulement | Le bénéficiaire a-t-il été informé et suivi ? | Convocation, règlement intérieur, émargements, traces de suivi à distance | 9, 10, 12, 19 |
| Fin de parcours | Les acquis ont-ils été évalués ? | Évaluation finale, attestation, résultats | 11 |
| Après la formation | Les retours ont-ils été recueillis et exploités ? | Questionnaires, synthèse, actions d'amélioration | 30, 31, 32 |
Le guide de lecture admet qu'un même document prouve plusieurs indicateurs. L'article sur le classement des preuves Qualiopi par indicateur propose une arborescence qui facilite ce travail de remontée. Si vous voulez savoir où vous en êtes avant l'auditeur, faites relire trois de vos dossiers par un regard extérieur : c'est souvent là que les trous apparaissent.
Que change le référentiel au 1er novembre 2026 ?
Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 modifie les indicateurs du référentiel national qualité. Selon Lefebvre Dalloz Compétences, le texte entre en vigueur le 1er novembre 2026, conserve les sept critères et porte le nombre d'indicateurs de 32 à 33, le nouvel indicateur 33 ne concernant que les CFA.
D'après la synthèse publiée par le CNFCE sur les nouveautés du référentiel, plusieurs indicateurs déjà connus changent de contenu :
- indicateur 1 : présentation claire des modalités pédagogiques et des modes de financement ;
- indicateur 2 : publication de la méthode de calcul des taux affichés ;
- indicateur 12 : prise en compte des violences sexistes et sexuelles, du harcèlement et des discriminations comme causes possibles de rupture ;
- indicateur 19 : preuve que les apprenants ont réellement suivi les sessions à distance ;
- indicateur 27 : contrat de sous-traitance écrit détaillant la répartition des responsabilités ;
- indicateur 32 : analyse des risques pesant sur la qualité, pour tous les organismes.
Le CNFCE précise qu'un audit de surveillance programmé à partir du 1er novembre 2026 s'appuie sur la version actualisée, même s'il a été planifié avant. Les certifications en cours restent valables. Au moment où nous écrivons, la nouvelle version du guide de lecture, qui doit préciser les preuves attendues, n'était pas encore publiée selon cette même source. Surveillez le site du ministère du Travail : le guide actuel prévoit un délai de deux mois maximum pour appliquer une nouvelle version aux audits.
Notre avis : si votre fenêtre tombe en novembre ou décembre 2026, préparez-vous sur le nouveau texte, en priorité sur les indicateurs 1, 2, 19, 27 et 32. Ce sont ceux qui touchent presque tous les petits organismes.
Que se passe-t-il en cas de non-conformité ?
L'auditeur distingue deux niveaux. Le guide de lecture précise que certains indicateurs ne peuvent donner lieu qu'à une non-conformité majeure, tandis que quinze d'entre eux (1, 2, 3, 8, 9, 12, 13, 17, 18, 19, 23, 24, 25, 28 et 30) peuvent être pondérés. Une non-conformité mineure correspond à un respect partiel de l'attendu, une majeure à un attendu pas du tout respecté.
Les délais de traitement cités par Centre Inffo dans ses rappels sur l'audit de surveillance sont les suivants : un plan d'action sous six mois pour une mineure, une levée sous trois mois pour une majeure. La suspension ou le retrait n'interviennent qu'en l'absence de mesures correctives. Centre Inffo insistait d'ailleurs sur le fait que l'audit de surveillance n'est pas un audit sanction. Le CNFCE ajoute qu'une mineure non traitée dans le délai peut devenir majeure.
Les délais qui font foi pour vous sont ceux de votre rapport d'audit et du contrat de votre certificateur. L'article consacré aux solutions pour continuer à former après une non-conformité majeure détaille les options.
Comment préparer l'audit de surveillance en huit semaines ?
Ce rétroplanning convient à un petit organisme dont le système existe déjà et doit surtout devenir lisible.
- Semaine 1 : relire le rapport d'audit initial. Listez chaque écart et chaque observation, avec l'action annoncée et la preuve qui la démontre aujourd'hui.
- Semaine 1 : vérifier le périmètre. Nouvelles formations, distanciel, sous-traitance, formations certifiantes : notez tout ce qui a changé depuis la certification.
- Semaine 2 : mettre à jour votre profil chez le certificateur. Adresse, dirigeant, catégories d'actions. Une incohérence administrative ouvre souvent la discussion du mauvais pied.
- Semaine 2 : préparer le dernier BPF. Le certificateur le demande en amont et s'en sert pour situer votre activité.
- Semaines 3 et 4 : faire un audit blanc sur trois dossiers pris au hasard. Remontez chaque parcours avec le tableau ci-dessus. Notez les pièces manquantes, sans les fabriquer après coup.
- Semaine 5 : contrôler l'information au public. Chaque programme en ligne, chaque taux affiché, le logo et le certificat.
- Semaine 6 : consolider l'amélioration continue. Une synthèse des appréciations, le registre des réclamations, la liste des actions décidées et réalisées. Si votre audit tombe après le 1er novembre 2026, ajoutez une première analyse des risques qualité.
- Semaines 7 et 8 : répéter l'entretien. Qui répond à quoi, qui partage l'écran, où se trouve chaque preuve. À distance, une preuve introuvable en deux minutes produit le même effet qu'une preuve absente.
Ce suivi devient plus simple quand vos preuves sont rattachées à chaque indicateur dans un tableau de bord des indicateurs Qualiopi : vous savez à tout moment quels dossiers sont complets.
Cas type : un organisme de quatre personnes à 18 mois de sa certification
Prenons un organisme fictif de quatre personnes, certifié pour la catégorie action de formation, qui réalise surtout des formations intra-entreprise en management. Depuis l'audit initial, il a ajouté deux modules en classe virtuelle et confié des sessions à deux formateurs indépendants.
Sa préparation fait apparaître trois faiblesses. Les classes virtuelles n'ont laissé aucune trace de connexion exploitable, seulement des feuilles d'émargement remplies a posteriori. Les deux formateurs indépendants interviennent sans contrat écrit qui détaille leurs missions. Et les questionnaires de satisfaction sont collectés mais jamais analysés.
Le plan retenu tient en une page : export des journaux de connexion de l'outil de visioconférence pour chaque session à venir, contrat de sous-traitance signé avec chaque formateur, réunion trimestrielle d'analyse des retours avec un compte rendu. Ces trois actions répondent directement aux indicateurs 19, 27 et 32, ceux que le référentiel révisé met justement en avant. Ce type de chantier, c'est exactement ce qu'un département formation externalisé comme Qualiteam peut prendre en main pendant que l'équipe continue de former.
Par où commencer avant votre audit de surveillance Qualiopi ?
Ouvrez cette semaine votre rapport d'audit initial et notez, pour chaque écart, la preuve qui montre qu'il est traité aujourd'hui. Vérifiez ensuite la date de votre fenêtre de surveillance : si elle tombe après le 1er novembre 2026, travaillez directement sur le référentiel révisé. Pour faire le point sur vos dossiers et sur ce qu'il est utile de déléguer, vous pouvez réserver un échange de 30 minutes avec une conseillère.
FAQ sur l'audit de surveillance Qualiopi
Combien de temps dure l'audit de surveillance ?
Aucune durée fixe ne s'applique à tous les organismes. Elle dépend de votre taille et de votre activité, souvent appréciée à partir du dernier BPF. Depuis 2023, elle est majorée d'une demi-journée pour vérifier la mise en œuvre effective des indicateurs.
Mon audit est prévu en novembre 2026 : quel référentiel s'applique ?
Selon les analyses publiées après le décret n° 2026-728, un audit réalisé à partir du 1er novembre 2026 se fait sur le référentiel modifié, même s'il a été planifié avant. Préparez donc les indicateurs réécrits, en particulier 1, 2, 19, 27 et 32. Confirmez le point avec votre certificateur dès réception du plan d'audit.
Peut-on échouer à l'audit de surveillance ?
L'audit de surveillance ne se « rate » pas comme un examen. Il peut faire apparaître des non-conformités qui doivent être levées dans les délais fixés. C'est l'absence de correction qui peut conduire à la suspension, puis au retrait du certificat.
Faut-il refaire toutes ses procédures avant l'audit ?
Non. Si vos procédures ont été validées à l'audit initial, l'enjeu est de prouver qu'elles sont appliquées. Mieux vaut trois dossiers complets et cohérents qu'un nouveau manuel qualité que personne n'utilise. Ne réécrivez que ce que le référentiel révisé impose.
Article rédigé avec l'assistance d'une IA, sous la responsabilité éditoriale de Ludovic Albisser.
Besoin d'accompagnement pour votre certification Qualiopi ?
Découvrez comment Qualiteam peut gérer votre conformité pendant que vous vous concentrez sur la pédagogie.
Parler à un expert