Non-conformité majeure : les solutions pour continuer à former
Délai pour lever une non-conformité majeure Qualiopi, risques de suspension et de retrait, plan d'actions et solutions pour maintenir votre activité.

Une non-conformité majeure Qualiopi ne fait pas tomber votre certification le jour de l'audit. Vous disposez d'un délai, en général trois mois, pour proposer un plan d'actions correctives et fournir les preuves de sa mise en œuvre. Pendant ce délai, vous continuez à former. Si l'écart n'est pas levé, le certificateur peut suspendre puis retirer la certification, ce qui ferme l'accès aux financements publics et mutualisés : il faut alors s'appuyer sur les clients en fonds propres, la sous-traitance ou le portage par un organisme certifié.
En bref
- Une majeure correspond à un attendu pas du tout respecté, ou à un indicateur qui n'admet aucune gradation.
- Délai habituel de levée : trois mois ; pour une mineure, un plan d'action sous six mois, selon Centre Inffo.
- Le délai qui fait foi est celui qui figure dans votre rapport d'audit.
- Après un retrait, un nouveau certificateur demande une déclaration sur l'honneur d'absence de retrait de moins de trois mois.
- Les clients en fonds propres ne sont pas concernés par la certification.
Qu'est-ce qu'une non-conformité majeure Qualiopi ?
Le guide de lecture du référentiel national qualité distingue deux niveaux. Une non-conformité mineure est relevée en cas de respect partiel de l'attendu d'un indicateur. Une non-conformité majeure peut être prononcée lorsque l'attendu n'est pas du tout respecté.
Tous les indicateurs ne se gradent pas. Quinze d'entre eux peuvent donner lieu à une mineure ou à une majeure : 1, 2, 3, 8, 9, 12, 13, 17, 18, 19, 23, 24, 25, 28 et 30. Pour les autres, le guide précise que le non-respect, même partiel, entraîne une non-conformité majeure. C'est le cas par exemple de l'analyse du besoin (indicateur 4), de l'évaluation des acquis (indicateur 11), du pilotage des sous-traitants (indicateur 27) ou de l'amélioration continue (indicateur 32).
Deux majeures « administratives » méritent d'être connues parce qu'elles se corrigent en une heure. Centre Inffo rappelait en 2022 que l'usage du logo Qualiopi sans mention de la catégorie d'action certifiée constitue une non-conformité majeure. Et depuis l'arrêté du 31 mai 2023, l'absence d'affichage du certificat dans les locaux et sur le site internet en est une aussi.
Combien de temps pour lever une non-conformité majeure ?
Les rappels de Centre Inffo sur l'audit de surveillance donnent les délais suivants : une non-conformité majeure doit être levée sous trois mois, une mineure appelle un plan d'action à mettre en œuvre sous six mois. Les fiches pratiques 2026 de Centre Inffo confirment qu'en cas de majeure l'organisme doit proposer un plan d'actions correctives et fournir les preuves dans un délai imparti, généralement de trois mois.
Le mot « généralement » compte. Le délai précis, la forme attendue du plan et le mode de levée (examen documentaire ou audit complémentaire) sont fixés par votre certificateur et figurent dans votre rapport et votre contrat. Lisez-les le jour même de la réception du rapport, et notez la date limite dans votre agenda avec une marge de deux semaines.
Le contexte de l'audit modifie aussi l'enjeu :
- à l'audit initial, une majeure bloque la délivrance du certificat tant qu'elle n'est pas levée ;
- à l'audit de surveillance, elle doit être levée dans le délai pour que le certificat soit maintenu ;
- à l'audit de renouvellement, l'arrêté de 2023 prévoit que l'audit soit réalisé dans des délais permettant de lever les majeures avant l'échéance du certificat. Un audit de renouvellement trop tardif vous expose à un trou de certification.
Que se passe-t-il si l'écart n'est pas levé à temps ?
L'absence de correction peut entraîner la suspension, puis le retrait de la certification, selon Centre Inffo. Le CNFCE, dans sa synthèse sur le référentiel au 1er novembre 2026, précise aussi qu'une mineure non traitée dans le délai peut devenir majeure, avec ce même risque de suspension puis de retrait.
Pour un organisme qui dépend des financements publics et mutualisés, la conséquence est directe. L'article L. 6316-1 du Code du travail, rappelé par Lefebvre Dalloz Compétences, réserve aux prestataires certifiés les fonds versés notamment par les OPCO, les associations Transitions Pro, l'État, les régions, la Caisse des dépôts, France Travail ou l'Agefiph.
Un point souvent ignoré : changer de certificateur ne règle rien dans l'immédiat. L'arrêté de 2023, analysé par Centre Inffo dans Qualiopi : renforcement des audits, impose à l'organisme une déclaration sur l'honneur attestant qu'il n'a pas fait l'objet d'un refus ou d'un retrait de moins de trois mois, et qu'il n'a pas de contrat en cours avec un autre certificateur pour les mêmes catégories d'actions.
Pour les actions déjà engagées avec un financeur au moment d'une suspension, la situation dépend des règles de chaque financeur. Prenez contact avec eux rapidement plutôt que d'attendre qu'ils le découvrent.
Comment construire un plan d'actions correctives qui sera accepté ?
Un plan d'actions correctives n'est pas une promesse de faire mieux. C'est un document court qui démontre que vous avez compris la cause de l'écart et que la correction est en place. Voici la structure que nous recommandons.
- Reprendre le libellé exact de la non-conformité, avec l'indicateur et le constat de l'auditeur.
- Analyser la cause réelle : absence de procédure, procédure non appliquée, outil défaillant, responsable non identifié. Une cause du type « oubli ponctuel » est rarement acceptée sans explication.
- Traiter l'existant : ce qui peut être corrigé sur les dossiers en cours, sans jamais antidater une pièce.
- Corriger le processus : nouvelle procédure, modèle, alerte, responsable désigné.
- Prouver l'application : au moins un ou deux dossiers réalisés après la correction, avec les pièces.
- Prévoir le suivi : indicateur de contrôle, date de vérification interne, inscription au plan d'amélioration (indicateur 32).
L'étape 5 est celle qui manque le plus souvent. Si votre délai est de trois mois, organisez-vous pour qu'au moins une session ait lieu avec le nouveau processus avant l'échéance.
Le tableau ci-dessous illustre trois majeures fréquentes et le type de preuve qui permet de les lever.
| Non-conformité constatée | Cause probable | Correction | Preuve de levée |
|---|---|---|---|
| Analyse du besoin absente sur des dossiers intra (indicateur 4) | Pas de modèle, échange oral seulement | Questionnaire d'analyse obligatoire avant toute convention | Deux dossiers récents avec analyse datée et signée |
| Formateurs externes sans contrat (indicateur 27) | Relations anciennes, jamais formalisées | Contrat type et processus de sélection écrit | Contrats signés, fiches de sélection, liste à jour |
| Aucune action d'amélioration tracée (indicateur 32) | Questionnaires collectés mais non analysés | Revue trimestrielle et plan d'amélioration | Compte rendu de revue, actions datées et suivies |
Si vous venez de recevoir votre rapport, remplissez ce tableau pour chacun de vos écarts avant toute autre démarche : c'est la trame de votre plan.
Comment continuer à former si la certification est suspendue ou retirée ?
C'est la question que se posent les dirigeants, souvent trop tard. Plusieurs voies existent, et elles se combinent.
Travailler avec les clients en fonds propres
La certification ne conditionne que certains financements. Les entreprises qui paient sur leurs fonds propres et les particuliers qui financent eux-mêmes leur formation ne sont pas concernés. Pour certains organismes, c'est une part importante de l'activité qui peut se poursuivre normalement.
Intervenir en sous-traitance
Vous pouvez animer des actions vendues par un organisme certifié. Le guide de lecture rappelle que l'indicateur 27 n'impose pas aux sous-traitants d'être certifiés, en dehors des cas prévus par un texte : la responsabilité de la qualité appartient au donneur d'ordre. Vous perdez la relation commerciale directe, mais vous gardez votre activité d'animation.
Passer par le portage Qualiopi
Pour vos propres clients qui demandent un financement, le portage consiste à faire contracter un organisme certifié, qui monte le dossier selon les droits et l'éligibilité du client et les règles du financeur, pendant que vous concevez et animez la formation. L'organisme porteur vérifie votre expertise et vos pratiques avant de vous accepter et reste responsable de la qualité devant son propre certificateur. Back to Business, sous son nom commercial Formatrix, organisme certifié Qualiopi, propose par exemple le portage Qualiopi au sein de son pôle formation. Les critères pour choisir entre portage et certification sont détaillés dans notre article portage ou certification pour un petit organisme.
Ces solutions servent aussi de pont : vous continuez à facturer pendant que vous reconstruisez votre système qualité, puis vous redemandez une certification quand vos dossiers sont solides.
Comment éviter la prochaine non-conformité majeure ?
La plupart des majeures que nous voyons viennent de processus écrits qui ne sont pas appliqués, plutôt que de processus absents. Trois habitudes réduisent fortement le risque :
- un audit blanc annuel sur trois dossiers tirés au hasard, conduit par une personne qui ne les a pas montés ;
- un plan d'alertes sur les pièces des dossiers, qui détecte les manques avant la fin de la session ;
- une revue trimestrielle des retours et réclamations, qui alimente l'indicateur 32.
Si votre prochain audit tombe après le 1er novembre 2026, ajoutez une revue des indicateurs réécrits par le décret n° 2026-728 du 1er août 2026, en particulier 1, 2, 19, 27 et 32. Notre article sur ce que l'auditeur vérifie lors de l'audit de surveillance propose un rétroplanning de préparation.
Cas type : deux majeures à l'audit de surveillance
Prenons un organisme fictif de trois personnes, certifié pour les actions de formation, dont 70 % du chiffre d'affaires dépend de financements OPCO. Son audit de surveillance relève deux non-conformités majeures : aucun contrat avec ses quatre formateurs externes (indicateur 27) et aucune trace d'évaluation des acquis sur deux sessions sous-traitées (indicateur 11). Le rapport fixe un délai de trois mois.
Le dirigeant agit en trois temps. La première semaine, il fait signer un contrat type à chaque formateur, rédige un processus de sélection d'une page et constitue le dossier partenaires. Le premier mois, il impose une évaluation finale standardisée et conditionne le paiement des formateurs à sa remise. Au deuxième mois, deux sessions réalisées avec ces nouvelles règles lui fournissent les preuves d'application. Il dépose son plan avec ces pièces cinq semaines avant l'échéance.
En parallèle, il prépare un plan B : pour les clients en attente d'accord OPCO, il étudie avec un organisme certifié une solution de portage au cas où la levée serait refusée. Ce plan n'a finalement pas servi, mais il lui a permis de rassurer ses clients. C'est ce type de pilotage de crise qu'un département formation externalisé comme Qualiteam peut piloter à vos côtés, sans jamais pouvoir promettre l'issue de la levée, qui appartient au certificateur.
Par où commencer après une non-conformité majeure Qualiopi ?
Le jour où vous recevez le rapport, notez la date limite de levée avec deux semaines de marge, puis identifiez la prochaine session qui pourra servir de preuve d'application. Rédigez ensuite l'analyse de cause, en une page par écart. Si vous voulez construire ce plan avec une équipe qui connaît le référentiel, ou étudier une solution de continuité pour vos clients financés, vous pouvez prendre un rendez-vous découverte avec une conseillère.
FAQ sur la non-conformité majeure Qualiopi
Peut-on contester une non-conformité majeure ?
Oui, selon la procédure prévue par votre certificateur, qui figure dans son contrat ou son règlement de certification. Appuyez-vous sur le texte de l'indicateur et du guide de lecture, et sur des preuves précises. Contester ne suspend pas forcément le délai de levée : préparez votre plan en parallèle.
Faut-il un nouvel audit pour lever la non-conformité ?
Cela dépend du certificateur et de la nature de l'écart. La levée peut se faire sur examen documentaire des preuves, ou par un audit complémentaire, parfois facturé. Le rapport d'audit précise la modalité retenue.
Une non-conformité mineure peut-elle devenir majeure ?
Oui. Selon le CNFCE, une mineure non traitée dans le délai fixé peut devenir majeure, avec les mêmes risques. Traitez donc les mineures avec la même rigueur, et suivez-les dans votre plan d'amélioration.
Peut-on continuer à facturer pendant le délai de levée ?
Pendant le délai, la certification n'est pas retirée et l'activité se poursuit. Les questions de financement relèvent ensuite de chaque financeur en cas de suspension. Tenez vos clients et financeurs informés si la situation évolue.
Faut-il prévenir ses clients d'une non-conformité majeure ?
Rien ne vous oblige à communiquer sur un écart en cours de traitement. En revanche, si une suspension devient probable, informez les clients dont le financement est en jeu, avec la solution que vous leur proposez. Un client prévenu avec un plan B reste souvent fidèle, un client qui découvre seul un refus de financement part souvent ailleurs.
Qualiteam peut-elle lever la non-conformité à ma place ?
Personne ne peut lever une non-conformité à la place de l'organisme ni en promettre la levée : c'est le certificateur qui décide. Qualiteam peut en revanche analyser l'écart, rédiger le plan d'actions, mettre en place les modèles et suivre la production des preuves avec vous.
Article rédigé avec l'assistance d'une IA, sous la responsabilité éditoriale de Ludovic Albisser.
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